Bonne nouvelle pour les 3 millions de Français qui prennent du Levothyrox : Le labo Merck et les pouvoirs publics commencent à trembler. 

Assigné en justice devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse par une association de malades de la thyroïde, Merck a été condamné à fournir « sans délai » l’ancienne formule du Levothyrox aux pharmacies françaises. [1] 

Depuis octobre, 200 000 boîtes ont été distribuées dans les pharmacies. Une alternative au Levothyrox, le L-Thyroxin Henning de Sanofi, a également été mise sur le marché à la mi-octobre. 

Pourtant, les patients ont toujours du mal à se procurer l’ancienne formule du Levothyrox, car avec 200 000 boîtes et 8 dosages différents pour 28 000 pharmacies en France, il n’y a, pour chaque prescription, qu’une boîte par pharmacie… 

Merck croule sous les assignations

Le combat pour le retour à l’ancienne formule du Levothyrox est de ceux qui donnent de l’espoir. 

Des associations de patients émergent à travers la France et lancent des actions en justice contre le laboratoire Merck [2]. Les revendications sont souvent les mêmes : accès aux données de pharmacovigilance(enregistrement, suivi et évaluation des effets secondaires d’un médicament), remise sur le marché de l’ancienne formule. 

Une seconde action en justice du côté de Toulouse a remporté une nouvelle (petite) victoire : Merck a été, une fois de plus, condamné à fournir du Levothyrox ancienne formule aux pharmacies françaises. 

100 000 nouvelles boîtes seraient en train d’être acheminées vers la France. Leur mise à disposition est prévue pour janvier 2018. 

À Lyon et Marseille, des milliers de patients se sont également constitués en associations pour attaquer Merck, réclamant tantôt des condamnations, tantôt « juste des réponses ». Le jugement est prévu pour octobre 2018 [3]. 

En ce qui concerne l’accès aux données de pharmacovigilance, Merck n’a encore donné aucune information sur la nouvelle formule du Levothyrox

Quels espoirs pour les malades ? 

Ces victoires ne doivent pas faire oublier l’objectif à long terme des patients intoxiqués par la nouvelle formule du Levothyrox : la remise sur le marché définitive de l’ancienne formule.

Or, cela n’est pas dans les plans de Merck… Le laboratoire espère avoir imposé sa nouvelle formule dès la fin de l’année 2018. Les quelques centaines de milliers de boîtes de l’ancienne formule qui reviennent en France ne servent qu’à apaiser temporairement la colère des malades.

Selon les prévisions du laboratoire et de l’ANSM, les Français auront accès à l’ancienne formule du Levothyrox que jusqu’à mars 2018 [4], le temps que les « alternatives » soient plus largement disponibles. 

Toutefois, la réalité décrite par Agnès Buzyn n’est pas celle vécue par les malades : se procurer des substituts au Levothyrox reste difficile. Le nouveau Levothyrox représente 80% du volume de médicaments contre les troubles de la thyroïde en France. 

Pour l’instant, le rétropédalage du gouvernement et de Merck n’est qu’une posture en attendant que la colère des malades se tasse [5]. 

Alors, que faut-il espérer de cette année 2018 pour les malades de la thyroïde ? 

Des alternatives dont on ne sait rien

Un des espoirs de cette année 2018 est l’apparition de nouvelles alternatives au Levothyrox, comme le L-Thyroxin Henning de Sanofi, le Thyrofix d’Unipharma ou la L-Thyroxine de Serb. 

Cependant, ces médicaments ne sont pas des alternatives totalement équivalentes au Levothyrox, car la L-Thyroxine est par exemple indiquée en priorité pour les enfants ou les personnes sujettes aux troubles de la déglutition. 

De plus, les Autorités de Santé recommandent aux patients n’ayant pas (encore) subi d’effets secondaires à cause du nouveau Levothyrox de ne surtout pas changer de prescription… Alors même qu’au moins 25 000 personnes ont subi de plein fouet lesdits effets secondaires. 

Le retour de l’ancienne formule du Levothyrox reste donc une priorité pour cette année 2018. Malgré les arguments de Merck (vouloir « stabiliser la formule »…), il n’y avait aucune raison scientifique de la retirer du marché. 

Le laboratoire, empêtré dans les affaires judiciaires, et le gouvernement, qui joue l’attentisme et temporise les annonces, semblent en position de faiblesse face à une mobilisation qui ne faiblit pas. 

C’est donc l’occasion de redonner de la voix pour réclamer le retour de l’ancienne formule du Levothyrox ! 

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à signer et à partager notre grande pétition Levothyrox, qui approche des 200 000 signatures… Un tour de force dont le mérite vous revient ! 


La lutte continue… 

Bien à vous, 

Eric Müller Source: Néo-nutrition